Utilisateur:Oxymore/Maison du temple
D'argent à la croix pattée de gueules.
Présentation
| Destination initiale | Habitation |
|---|---|
| Destination actuelle | détruite |
Localisation
| Adresse | Rue du Temple |
|---|
L'Ordre du Temple est un ordre religieux et militaire français issu de la chevalerie chrétienne du Moyen Âge, dont les membres sont appelés les Templiers.
Cet ordre fut créé à l'occasion du concile de Troyes dans le royaume de France (ouvert le 13 janvier 1129 [1] à partir d'une milice de Français chrétiens appelée la Milice des Pauvres Chevaliers du Christ et du Temple de Salomon (du nom du temple de Salomon, que les croisés avaient assimilé à la mosquée al-Aqsa).
L’ordre des Templiers œuvra pendant les XIIème et XIIIème à l'accompagnement et à la protection des pèlerins qui voyageaient pour aller prier dans le Saint-Sépulcre de Jésus-Christ à Jérusalem, dans le contexte de la guerre sainte et des croisades.
L’ordre des Templiers participa activement aux batailles qui eurent lieu lors des croisades et de la reconquête, contre les musulmans, dans les royaumes catholiques de la péninsule Ibérique.
Afin de mener à bien ses missions et, notamment, d'en assurer le financement, il constitua, à travers l'Europe catholique d'Occident et à partir de dons fonciers, un réseau de monastères appelés commanderies, pourvus de nombreux privilèges notamment fiscaux. Cette activité soutenue fit de l'Ordre un interlocuteur financier privilégié des puissances de l'époque, le menant même à effectuer des transactions sans but lucratif avec certains rois, ou à avoir la garde de trésors royaux.
Après la perte définitive de la Terre sainte (consécutive au siège de Saint-Jean-d'Acre de 1291), l'Ordre fut, en France, victime de la lutte entre la papauté avignonnaise et le roi de France Philippe le Bel.
L’ordre des Templiers fut dissous par le pape français Clément V, le 22 mars 1312, date à laquelle il fulmina la bulle Vox in excelso, officialisant la dissolution de l'ordre du Temple. En 2007, ils sont réhabilités par l'Église catholique.
Maison du Temps de Lagny

En 1134, les chevaliers du Temple achetèrent une maison et une place à Lagny dans la rue Bretonne, maintenant disparue, vraisemblablement la rue du Temple[2]. Cette maison du Temple de Lagny était située devant la porte de l'église de Saint Fursy. Elle paraît avoir été, un membre de la commanderie de Choisy.
Cette maison est mentionnée dans le procès des Templiers en 1304 :
« Ipse autem receptus fuerat in capella domus Templi de Clichi Parisiensis diocesis, per fratrem Hugonem de Penrando, in festo Conversionis sancti Pauli proximo preterito fuerunt VII anni, presentibus fratribus Johanne de Turno tunc thesaurario Templi Parisiensis, Adam de Cercellis tunc preceptore Templi de Lathiniaco super Maternam, avunculo ipsius testis, deffunctis, et Johanne de Menovile custode tunc dicte domus de Clichi, servientibus, et Johanne Bocelli presbytero, capellano dicti thesaurarii, et duobus aliis quorum nomina et cognomina ignorat »
dont la traduction est :
« Lui-même, du reste, avait été reçu dans la chapelle de la maison du Temple de Clichy, dans le diocèse de Paris, par le frère Hugues de Penrando — le jour de la fête de la Conversion de saint Paul, il y a sept ans — en présence des frères Jean de Turno (alors trésorier du Temple de Paris), Adam de Cercellis (alors précepteur du Temple de Lagny-sur-Marne et oncle du témoin — tous deux aujourd'hui décédés) et Jean de Menovile (alors gardien de ladite maison de Clichy, frère servant), ainsi que de Jean Bocelli (prêtre et chapelain dudit trésorier) et de deux autres personnes dont il ignore les nom et prénom »[3].
Historique
On ne trouve sur cette maison de titres plus anciens qu'une transaction faite en 1265 entre les Templiers et les religieux du couvent de Lagny, par laquelle ceux-ci consentent à ce que les frères du Temple possèdent et détiennent en mainmorte les biens qui leur appartenaient dans la censive du couvent et qui consistaient en douze maisons, deux granges, dix arpents et demi de pré, sept arpents et demi de terre labourable et trois arpents et un quartier de vignes.
Les Hospitaliers, en possession du Temple de Lagny, passèrent des baux à cens et rente perpétuelle des maisons et des terres dont nous venons de parler, sans même en excepter leur maison seigneuriale.
Voici un état de ces biens, dressé en 1366, avec les cens dont ils étaient tenus envers l'abbé du couvent de Lagny.
« Premièrement, une maison en laquelle les frères du Temple souloient damourer, assise à Lagny, au lieudit le Temple, et la tient à présent à loyer Gilet Bonnet, qui doit, de même, cens à l'abbé de Lagny, IIII sols.
- Item, deux autres maisons au dit lieu, rue de la Planchette, XVIII deniers.
- It, la VIIIe partie d'une maison où demeure messire Jehan Mancel, curé de Saint Fursy, tenant à l'église Saint Fursy ; IIII deniers.
- It, un jardin où jadis eu une maison séant en la rue de la Bonitrie, VI deniers.
- It, une autre maison appelée la Caiolle en la rue du Pont, VIII deniers.
- It, la maison de la Chauverrie, tenant aux viez fossés de l'Aumosne, d'autre part aux fossés de la ville, XII deniers.
- It, trois aultres maisons en la rue de Darnestal, dont une tenant à l'ostel de l'Angle (l'Ange), XXVI deniers.
- It, deux aultres maisons contiguës à la porte de Vacheresse, XVI deniers.
- It, deux granches contiguës aux deux susdites maisons, XII deniers.
- It, une maison et jardin séans en la rue de la Bretonnerie, VIII deniers.
- It, une maison en la rue du Vivier XI deniers.
- It, III arpens de pré en la prairie de Lagny, assez près du Relief, IIII sols.
- It, VII arpens de pré entre la rivière et le pré de la Maladerie, XII deniers.
- It, 1 arpent et demi tenant au long du Hault-Chemin, XVIII deniers.
- It, III arpens tenant au pré de la Maison-Dieu IIII sols.
- It, III quartiers de terre au-dessus de la chaussée de Bescherelle, VI deniers.
- It, XII quartiers derrière le Moustier Saint-Laurent, tenant à la voye du four du Boye, XIII deniers.
- It, II arpens et demi au terrouer du Tielliel, XVIII deniers.
- It, VII quartiers de terre au dessoubs Saint-Thiebauld, XVI deniers.
- It, V quartiers de vigne assis à la Sainte Fontaine, X deniers.
- It, 1 arpent de vigne séant à Chaugny, X deniers.
- It, 1 demi-arpent de vigne au lieudit les Glessières, VI deniers. »
La Commanderie de Lagny rapportait en 1766 et 1771, dix-neuf mille six cent soixante-quatorze livres. En 1779, la maison du Temple était détruite ; l'emplacement en était perdu, et les cens et rentes seigneuriales que la Commanderie possédait à Lagny étaient, à la fin du siècle dernier, réduits à si peu de chose qu'ils ne sont mentionnés que pour mémoire dans les comptes de la Commanderie[4].
Références
- ↑ À partir d'une minutieuse analyse des documents existants, Rudolf Hiestand a proposé une autre date pour le concile de Troyes et, en conséquence, une autre date pour la fondation de l'Ordre. Les chartes du nord-est de la France sont alors datées dans le style (florentin) de l'Annonciation, qui fait débuter l'année non pas le , comme dans notre actuel calendrier, mais le . L'année 1129 commence donc le de notre année 1129, mais jusqu'au les hommes d'alors vivaient toujours en 1128. Le concile de Troyes, réuni le selon les textes de l'époque, s'est donc tenu le de notre actuel calendrier. […] La démonstration a convaincu et la correction de date proposée pour le concile de Troyes est désormais acceptée par les historiens (Demurger-2008 page28)
- ↑ Petite histoire populaire de Lagny-sur-Marne, Jacques-Amédée Le Paire, 1906
- ↑ Procès des Templiers, Jules Michelet, tome 1 et 2 1851
- ↑ Jacques-Amédée Le Paire, La Baronnie de Montjay-La-Tour et l'ancien doyenné de Claye, 1913, pages 201 à 203