Stéphane Fuchs

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Stéphane Fuchs
Naissance
Lagny-sur-Marne
Décès (à 64 ans)
Paris
Activité principale
Résistant

Stéphane Fuchs, né le 1er octobre 1906 à Lagny-sur-Marne et mort le 4 octobre 1970 à Paris, est un résistant français.

Biographie[modifier]

Stéphane Fuchs est né le 1er octobre 1906 dans une famille alsacienne et protestante. Il se dirige vers des études médicales, comme l'avait fait son père. Entre 1928 et 1932, il est externe dans différents hôpitaux Saint-Antoine, La Rochefoucauld, Charité puis Enfants malades, Laennec et enfin Saint-Louis. Son diplôme de docteur en médecine lui est délivré le 7 juillet 1932. Il est également diplômé en biologie.

Mobilisation et résistance[modifier]

En tant que médecin, il est mobilisé le 12 septembre 1939 et affecté à l'ambulance médicale d'armée n°93 de Marseille puis en janvier 1940, comme médecin-lieutenant au 6e régiment de tirailleurs marocains.

Démobilisé le 5 septembre 1940, il rejoint la Résistance fin 1940 comme officier des FFL et agent de renseignement au sein du réseau Marine (intégré ensuite au réseau franco-polonais F2). Il prend le pseudonyme « Gynécologue ».

Il est arrêté le 22 décembre 1941 à Marseille. Il est condamné, le 10 mars 1942, à trois ans de prison par la section spéciale de la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Dans un premier temps, il est incarcéré à Aix, Lyon et Nîmes, il est envoyé à Eysses le 15 octobre 1943. Cette prison regroupe environ 1.200 prisonniers politiques résistants de la zone Sud regroupés par le gouvernement de Vichy.

Au sein de cette prison s'organise une résistance par les prisonniers détenus qui forment un le Bataillon résistant FFI de la centrale d'Eysses animé par un Comité directeur clandestin pluraliste. Du fait du changement de nature des prisonniers, des relations de respect mutuel avec le personnel pénitentiaire, de leur unité, de leur discipline et de leur détermination, les détenus patriotes parviennent à gagner la bienveillance du directeur de la prison, Henri Auzias (communiste) et Stéphane Fuchs (gaulliste) sont les porte paroles auprès de ce dernier et obtiennent alors un régime de détention politique plus favorable qui va du droit de s'habiller en civil, de parler, de circuler, de s'organiser en occupant des postes clés : infirmerie, économat, coiffeur, bureau de solidarité, bibliothèque, commission spectacles au droit de recevoir plus largement des livres d'étude, des colis, des parents et le droit de se réunir, droit de s'informer, de s'éduquer.

Le 19 février 1944, les prisonniers se révoltent et font prisonnier un inspecteur général de Vichy, le directeur et ses adjoints. Ils se rendent maîtres de la totalité de la prison. Ils sont sur le point de sortir quand l'alerte est donnée.

Stéphane Fuchs est arrêté avec 50 autres résistants et retenus comme otages au quartier cellulaire pour être exécutés. Douze seront fusillés dont Henri Auzias, et les autres auront la vie sauve grâce à la médiation du commissaire de police de Toulouse Llaoury, lié à la Résistance, et du préfet du Lot-et-Garonne Tuaillon. Ils sont transférés à la prison de Blois à la mi-mai 1944 avant de rejoindre Dachau dans le convoi dit « train de la mort » le 2 juillet 1944.

Arrivé au Camp de concentration de Dachau le 5 juillet 1944, Stéphane Fuchs est transféré au camp de concentration de Natzweiler le 22 juillet 1944 puis dans les camps du Neckar où il restera jusqu'en mai 1945[1].

Témoignage[modifier]

Dans son ouvrage La Vie à fil tendu, Georges Charpak, physicien français lauréat du prix Nobel de physique en 1992, parle de Stéphane Fuchs en ces termes[2] :

« ... Je retrouvais Stéphane Fuchs, le médecin qui avait été l'un de nos chefs à Eysses lors du soulèvement de février 1944. C'était une personnalité remarquable. Gaulliste et humaniste, il fut pour moi plus qu'un ami, un aîné. Je n'hésite pas à comparer sa stature morale à celles d'hommes comme François Mauriac et Edmond Michelet. Tous mes camarades d'Eysses se souviennent de lui comme d'un homme d'exception »

Retour des camps[modifier]

Stéphane Fuchs devient le premier président de l'Amicale des Anciens Détenus Patriotes de la centrale d’Eysses, association créée le 19 mai 1945 avec la volonté de « maintenir vivants la solidarité, l'esprit combatif, qui ont fait d'Eysses, sous la répression, une des forteresses de la résistance patriotique ». Il restera à ce poste jusqu'en mai 1956, appelé à d'autres fonctions professionnelles en Suisse, il reste Président d'Honneur jusqu'à son décès[3].

Il meurt le 4 octobre 1970 à Paris et est incinéré au crématorium du cimetière du Père-Lachaise.

Bibliographie[modifier]

  • Le Bataillon d'Eysses : d'après les témoignages et documents des anciens détenus patriotes d'Eysses (F.F.I. 1943-1945), Amicale des anciens détenus patriotes de la Centrale d'Eysses, Jean-Guy Modin, 1962 - 270 pages
  • L'insurrection d'Eysses, 19-23 février 1944: une prison dans la Résistance, Amicale des anciens détenus patriotes de la Centrale d'Eysses, Éditions sociales, 1974 - 251 pages

Références[modifier]

Liens externes[modifier]