Société Populaire de Lagny

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Plaque révolutionnaire

La Révolution française a donné un très grand développement à des associations, diversement appelées clubs politiques, sociétés populaires ou patriotiques ou clubs jacobins, où les citoyens discutaient d'affaires politiques. Ces sociétés prennent leur modèle dans le club des Jacobins de Paris où s'illustrent les plus grands orateurs de cette époque (Robespierre, Danton). Les membres y débattent des thèmes de société, commentent l'actualité et discutent des projets de loi mis en place par l'Assemblée nationale.

Les premières sociétés populaires apparaissent en 1789, dans les principales villes de France. À l'origine, beaucoup d'entre elles sont occupées par des notables aisés réformistes. Elles prennent alors le nom de Société des Amis de la Constitution. En 1790, elles se multiplient un peu partout en France et deviennent des acteurs importants de la politique locale. À partir de juin 1793, les sociétés sont épurées et les membres les plus modérés sont rejetés. Les sociétés populaires deviennent révolutionnaires.

Pendant la Terreur, une société populaire est présente dans chaque ville et assure de concert avec les municipalités et les comités de surveillance la bonne application des lois et dénonce les contre-révolutionnaires.

Le coup d’État de Thermidor met à mal les sociétés populaire et le 21 brumaire an III, le club des Jacobins est définitivement fermé. Le 25 vendémiaire, les affiliations et correspondances entre clubs sont interdites, et les clubs doivent envoyer une liste de leurs membres aux autorités. L’article 361 de la WP:constitution de l'an III (5 fructidor an IV) interdit qu’une association porte le nom de société populaire, et l’article 362 interdit les séances publiques, les réseaux, les signes extérieurs d’appartenance pour les membres, les règlements intérieurs. Le 6 fructidor, la dissolution de toutes les sociétés populaires est prononcée, leur fermeture imposée et leurs biens saisis.

Société Populaire de Lagny[modifier]

La Société Populaire de Lagny est créée le 12 août 1793 sous le nom de Société populaire est fraternelle ou encore Société des Amis de la Constitution, elle se réunit dans une salle de l'Abbaye. Son premier président est Jean-Marie Mixelle, puis, les présidents se succèdent très vite, des derniers ne restant pas en place pas d'un mois ou deux.

Son réglement datant de 1793 et revu le 30 aout 1794 commence de cette manière :

« Maintenir la liberté et l'égalité, veiller aux intérêt de la patrie, propager les vrais principale de la République une et indivisible... s'éclairer mutuellement, instruire ses concitoyens, surveiller les traîtres pour empêcher qu'il ne s'en glisse dans son sein »

La Société Populaire de Lagny comporte 280 hommes uniquement, en effet, la Convention interdit aux femmes la possibilité de créer et d'animer des clubs politiques le 30 octobre 1793. Elle se veut intransigeante et renvoit tous les membres trop modérés comme le maire de Lagny, Louis Simon Aussone. Son pouvoir est très important, exécution des lois, surveillance des suspects, suppression des marques de la féodalité etc. et influence véritablement la municipalité.

La société, comme toutes les sociétés du Royaume est dissoute et celle de Lagny tient sa dernière séance le 5 mai 1795, sa dissolution interviendra le 3 aout de la même année[1]..

Membres condamnés et guillotinés[modifier]

Amiral Charles Henri d'Estaing[modifier]

Amiral Charles Henri d'Estaing

Amiral Charles Henri d'Estaing, comte d'Estaing est né au château de Ravel[2] (Puy-de-Dôme) le 24 novembre 1729 et mort guillotiné à Paris le 28 avril 1794..

Nommé commandant de la garde nationale de Versailles après la WP:prise de la Bastille:prise de la Bastille, le 14 juillet 1789, il embrasse les idées révolutionnaires. Il ne réprime pas la foule les 5 et 6 octobre 1789 et accompagne le roi à Paris. Peu après, il démissionne de cette fonction.

Il participe à la Fête de la Fédération en uniforme de la garde nationale, le 14 juillet 1790, désapprouve la fuite à Varennes, en juin 1791 et prête volontairement le serment civique.

La menace de guerre s'aggravant, d'Estaing, qui considère que le prochain conflit éclatera sur le continent, brigue — en vain — la dignité de Maréchal de France. Il n'obtiendra finalement « que » celle d'amiral en janvier 1792, promotion qu'il refuse dans un premier temps mais qu'il finira par accepter en janvier 1793 après la parution d'un décret garantissant la conservation de ses droits à l'avancement dans l'armée de terre.

Arrêté dans son hôtel particulier de la rue Sainte-Anne de Paris puis écroué à la prison Sainte-Pélagie il est cité comme témoin au procès de Marie-Antoinette en octobre 1793, il refuse de confirmer les accusations portées contre la reine tout en prenant ses distances avec elle[3]. Il témoigne de son courage mais confirme néanmoins, lors de sa confrontation avec un témoin, le rôle qu'elle a joué lors des journées d'octobre 1789[4].

Arrêté à nouveau le 26 novembre 1793 dans sa maison de Pomponne et incarcéré à quatre mois (sans doute à la Prison Saint-Lazare[5]), il est inculpé de complicité dans une prétendue « conspiration du 6 octobre » et passe en jugement le 29 mars 1794. Finalement transféré à la Conciergerie le 27 avril avec sept autres inculpés, il est traduit devant le Tribunal révolutionnaire le lendemain. Se sachant d'avance condamné, il refuse crânement de se défendre, énumère ses états de service et conclut par cette phrase restée célèbre : « Quand vous aurez fait tomber ma tête, envoyez-la aux Anglais, ils vous la paieront cher. » Il est guillotiné le même jour (28 avril 1794) et son corps est inhumé dans le Cimetière de la Madeleine.

Jean-Antoine Teissier de Marguerittes[modifier]

Jean-Antoine Teissier de Marguerittes.jpg

Jean-Antoine Teissier de Marguerittes, baron de Marguerittes', né le 30 juillet 1744 à Nîmes et mort guillotiné le 20 mai 1794 à Paris, est un écrivain et homme politique français. Il est notamment le premier maire de Nîmes.

Ses opposants municipaux, à l'instar de Jean-Antoine Courbis, son futur successeur, se réunissent au sein du club des amis de la Constitution de Nîmes, considéré comme un véritable contre-pouvoir[6].

Accusé par le club patriotique de Nîmes d'avoir toléré le port de la cocarde blanche par les gardes nationaux à Nîmes, il est convoqué devant l'Assemblée le 17 mai 1790 afin de s'expliquer. Finalement, sur l'avis d'Alexandre de Lameth, il conserve son siège de député[7].

En 1791, suite à de nombreux incidents survenus à Nimes, il perd sa place de maire et député et doit s'exiler avec femme et enfants. Dans un premier temps, sur Paris, puis sur Lagny-sur-Marne vers 1793. Il rejoint à cette date La Société Populaire de Lagny[8].

Fin 1793, dénoncé par Jean-Henri Voulland, son ancien collègue député, il est arrêté, le 18 mai 1794 et traduit devant le tribunal révolutionnaire de Paris. Il est condamné et exécuté le primidi 1 prairial de l'an II (20 mai 1794). Jacques Boyer-Brun, Jacques-Francois Descombiés et lui furent "convaincus, d’être auteurs et complices des conspirations qui ont existé dans le Midi, notamment à Nîmes et Arles, destinées à allumer la guerre civile par les armes du fanatisme, des écrits imprimés contre-révolutionnaires, et toutes autres manœuvres, par suite desquelles des assassins, portant la cocarde blanche et des drapeaux blancs, ont donné la mort à un grand nombre de patriotes"[9].

Louis-Joachim Paris Potier[modifier]

Blason de la famille Potier

Louis-Joachim Paris Potier, né le 9 mai 1733 et mort guillotiné le 7 juillet 1794, est Marquis de Gesvres, puis duc de Gesvres (1774), Pair de France, Vicomte de Plédran et de Piruit, Seigneur d'Eschampeu.

Il est membre de la Société Populaire de Lagny, laquelle a profité de sa générosité à plusieurs reprises.

Il est arrêté le 20 octobre 1793 et placé sous la surveillance de la commune de Thorigny. En janvier 1794, il est transféré à Paris. Considéré comme complice d'une conspiration dans la maison d'arrêt du Luxembourg où il était enfermé[10], il est jugé le 19 Messidor an II (7 juillet 1794) et guillotiné le même jour, sans laisser de postérité[11],[12]. Il fut le dernier de sa branche[13].

Références[modifier]

  1. Lagny 1789-1799, Ville de Lagny, page 21
  2. Un extrait de son acte de baptême, conservé aux archives du château, le certifie baptisé en l'église du village le 26 novembre 1729
  3. Michel 1976, p. 248-350. Il affirme notamment la détester car il croit qu'elle l'a empêché de recevoir la juste récompense de ses services et d'être fait maréchal de France. Mais ce biographe considère qu'en fait cette déclaration de l'amiral, venant d'une personne qui n'a aucune raison d'aimer la reine, constitue de fait une défense habile de cette dernière.
  4. Calmon-Maison 2009, p. 417-419
  5. Calmon-Maison 2009, p. 421-422
  6. Biographie de Joseph-Antoine Courbis sur medarus.org.
  7. Compte-rendu dans le journal de Paris
  8. Lagny 1789-1799, Ville de Lagny, page 22
  9. Liste générale et très-exacte, des noms, âges, qualités et demeures de tous les Conspirateurs qui ont été condamnés à mort par le Tribunal Révolutionnaire, établi à Paris par la Loi du 17 août 1792, et par le second Tribunal établi à Paris par la Loi du 10 mars 1793, pour juger tous les ennemis de la Patrie. (Supplément au No. IX.),page 12
  10. Louis-Joachim Paris Potier' sur Geneanet
  11. Annuaire de la noblesse de France et des maisons souveraines de l'Europe, 1859, page 481.
  12. Anselme (père), Honoré Caille Dufourny, Ange de Sainte-Rosalie (P.), Father Simplicien, Simplicien (père), Pol Louis Potier de Courcy, Histoire de la Maison royale de France, Volume 4, Éditions du Palais royal, 1968, page 735.
  13. Revue de Champagne et de Brie, Volumes 20 à 21, 1886, page 212.