Jacques du Broullat

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Jacques du Broullat (c.1515 - 1575, Allemagne)

Abbé, archevêque d'Arles (1551-1560), déposé pour apostasie.

Biographie

Abbé de cour et homme politique, Jacques du Broullat est un proche de Catherine de Médicis. Il illustre parfaitement la mainmise royale sur le recrutement épiscopal.

Jacques du Broullat n'est même pas ordonné lorsque que le roi Henri III le fait pourvoir de l'archevêché d'Arles où il n'est présent que quelques jours. Il délègue la gestion du diocèse à un administrateur, Pierre de Bisqueris évêque in paribus de Nicopolis, muni des pleins pouvoirs. Zélé et actif, ce dernier visite les paroisses d'Arles en octobre 1555 et s'intéresse surtout à l'exercice du culte du saint-sacrement. Toutefois, à cette époque, l'absentéisme des archevêques arlésiens très engagés dans le siècle est la règle. La présence du prélat manque dans la conduite du diocèse : les visites pastorales sont rares, les synodes diocésains plus convoqués, l'esprit pastoral abandonné. Les arlésiens sont confiés à la garde de vicaires généraux et du chapitre dont la vie se laïcise et devient mondaine[1]. A la fin de son épiscopat en 1560, les manquements et négligences sont tels qu'une requête des consuls est introduite devant le parlement de Provence contre l'archevêque et le chapitre cathédral. A la suite de cette démarche, la cour ordonne à l'Eglise d'Arles d'engager des prédicateurs scavants et catholiques pour prêcher le carême, l'avent, les dimanches et autres fêtes de l'année, et de faire célébrer l'office divin dans les églises de Camargue après les avoir réparées[2].

Pour ces raisons ou plus probablement pour son attachement au parti protestant, en particulier au prince de Condé et à Odet de Coligny, il est privé de tous ses bénéfices par un arrêt du parlement de Paris en 1562. Il s'exile en Allemagne où il se marie. Il y meurt en 1575.

Notes

  1. Ibidem, page 637.
  2. Ibidem, page 638.

Sources

  • Jean-Maurice Rouquette, ARLES, histoire,territoires et cultures, pages 636-638