« Maximilien Luce » : différence entre les versions
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'''Maximilien Luce''', né le {{Date de naissance|13|mars|1858}} et mort le {{Date de décès|6|février|1941}} à [[Paris]], est un [[Artiste peintre|peintre]], [[gravure|graveur]] et [[libertaire|militant libertaire]] | '''Maximilien Luce''', né le {{Date de naissance|13|mars|1858}} et mort le {{Date de décès|6|février|1941}} à [[Paris]], est un [[Artiste peintre|peintre]], [[gravure|graveur]] et [[libertaire|militant libertaire]] [[France|français]]. | ||
Ses premiers tableaux connus datent de [[1876]]. | Ses premiers tableaux connus datent de [[1876]]. À partir de 1885, et durant une quinzaine d'années, il s'inscrit dans le [[néo-impressionnisme]] : il use de la technique du [[divisionnisme]] (ou ''pointillisme''), développée par [[Georges Seurat]]. Il revient par la suite à une facture plus classique, mais qui garde l'harmonie et la luminosité de sa première période. Il est également [[portrait]]iste et [[affichiste]]. | ||
== Biographie == | == Biographie == | ||
[[Fichier:Maximilien Luce-The Execution of Varlin.jpg|thumb|left|''L'Exécution de [[Eugène Varlin|Varlin]]'', 1914-1917, [[Hospices de Beaune|Musée de l'Hôtel-Dieu]], [[Beaune]].]] | [[Fichier:Maximilien Luce-The Execution of Varlin.jpg|thumb|left|''L'Exécution de [[Eugène Varlin|Varlin]]'', 1914-1917, [[Hospices de Beaune|Musée de l'Hôtel-Dieu]], [[Beaune]].]] | ||
=== Jeunesse et formation === | |||
Il naît à Paris le 13 mars 1858 de Charles Désiré Luce, [[Comptabilité|comptable]], et de Louise Joséphine, née Dunas. En 1870, il obtient son [[Certificat d'études primaires|certificat d'études]]. Durant la [[Commune de Paris (1871)|Commune]], il suit les cours de dessin des [[École nationale supérieure des arts décoratifs|Arts décoratifs]]. En mai 1871, il a {{unité|13|ans}} quand il assiste à la répression contre les communards<ref name="Lecomte p 116">Vanessa Lecomte, « Chronologie », ''in'' Marina Ferretti Bocquillon (dir.), ''Maximilien Luce néo-impressionniste'', [[Giverny]], [[Musée des impressionnismes Giverny]], [[Milan]], [[Silvana Editoriale]], 2010, {{p.}}116.</ref>. Il va rester marqué toute sa vie par ces événements<ref name="Collectif p 94">Collectif, « Biographie », ''Maximilien Luce : peindre la condition humaine'', Paris, Somogy, 2000, {{p.}}94.</ref>. En 1872, il entre en apprentissage dans l'atelier de [[gravure sur bois]] d'[[Henri Théophile Hildibrand]], et il suit des cours du soir dans l'école de dessin et de modelage de la [[rue de Vaugirard]]. Il est admis aux cours de dessin que le peintre [[Diogène Maillart]] donne aux ouvriers des [[Manufacture des Gobelins|Gobelins]]<ref name="Lecomte p 116"/>. En 1876, il devient ouvrier graveur dans l'atelier d'[[Eugène Froment]], qui produit notamment des gravures sur bois pour ''[[L'Illustration]]''. Luce fréquente l'[[académie Suisse]]. Il étudie d'après modèle deux années durant dans le célèbre [[Carolus-Duran#L'atelier|atelier de Carolus-Duran]]. Il exécute son premier tableau connu, ''Jardin à Montrouge'', ou ''Le Jardin au Grand Montrouge''<ref name="Lecomte p 116"/>. | |||
=== Les quatre années de service militaire === | |||
Le {{date|7|novembre|1879}}, il est incorporé au [[48e régiment d'infanterie|{{48e|régiment}} d'infanterie de ligne]], à [[Guingamp]], au titre du service militaire. Il y fait la connaissance du peintre [[Franck Bail|Franck Antoine Bail]], du futur [[président de la République française|président]] [[Alexandre Millerand]] et de Frédéric Givort, un ouvrier cordonnier [[Fédération anarchiste|anarchiste]]. En 1881, sur intervention de [[Carolus-Duran]], Luce est mis en subsistance<ref>Être mis en subsistance signifie dépendre d'une autre unité que la sienne pour ce qui concerne la nourriture et la solde. [http://www.cnrtl.fr/lexicographie/subsistance « ARM. En subsistance », sur cnrtl.fr], 2012 (consulté le 15 octobre 2015).</ref> au détachement du {{48e|RIL}}, à Paris<ref name="Lecomte p 116"/>. Il peut ainsi fréquenter à nouveau l'atelier de Carolus-Duran, et retourner travailler chez Eugène Froment. Par l'intermédiaire du peintre Charles Baillet, ami d'enfance de Frédéric Givort, il intègre le groupe anarchiste du [[14e arrondissement de Paris|{{14e|arrondissement}}]]. En septembre 1883, il est libéré de ses obligations militaires<ref name="Lecomte p 116"/>. L'invention de la [[zincographie]] ayant sensiblement réduit les débouchés de la gravure sur bois, Luce devient peintre à plein temps<ref>« Luce Maximilien, peintre français », ''Dictionnaire de la peinture'', Larousse, 2003, {{p.}}477.</ref>. | |||
=== Rencontre avec le néo-impressionnisme === | |||
[[Fichier:WLA ima La Rue Mouffetard.jpg|thumb|''La [[Rue Mouffetard]]'', 1889-1890, [[Indianapolis Museum of Art]].]] | |||
Il rencontre Ambroisine Bouin | Les années 1884 à 1886 marquent un tournant important dans l'histoire de la peinture. En 1884, des artistes souhaitant exposer librement et s'affranchir de l'influence de tout jury créent le [[Salon des indépendants]]<ref>[http://www.grandpalais.fr/fr/article/s « Salon des Indépendants (le) », sur grandpalais.fr], 29 janvier 2013 (consulté le 16 octobre 2015).</ref>. L'un d'eux, [[Georges Seurat]], s'inspirant de travaux scientifiques, renonce à la trituration des couleurs sur la palette, qui fait perdre de la luminosité. Il procède par juxtaposition de points de couleurs complémentaires. Il compose ainsi une lumière que l'œil du spectateur va synthétiser<ref>Colin Wiggins, ''Après l'impressionnisme'', coll. « Des défis et des manifestes », Paris, Gallimard, 1994, {{p.}}8.</ref>. Georges Seurat parle à ce propos de ''chromo-luminarisme'' ou de ''[[divisionnisme]]''<ref>[http://www.letemps.ch/culture/2014/01/17/divisionnisme-passer-peinture-chimie-optique « Le divisionnisme a fait passer la peinture de la chimie à l’optique », sur letemps.ch], 17 janvier 2014 (consulté le 16 octobre 2015).</ref> (tandis que des critiques parlent de ''pointillisme''<ref>[http://www.larousse.fr/encyclopedie/personnage/Georges_Seurat/138793 « L'œuvre peint de Seurat », sur larousse.fr] (consulté le 16 octobre 2015).</ref>). Cette démarche scientifique rompt avec la spontanéité « romantique » de l'[[impressionnisme]]<ref>Colin Wiggins, {{opcit}}, {{p.}}9.</ref>. Le premier grand tableau de Seurat appliquant sa théorie, ''Un dimanche après-midi à l'île de la Grande-Jatte'', fait sensation en mai 1886, à la huitième et dernière exposition impressionniste. En septembre, le critique [[Félix Fénéon]], donne au divisionnisme le nom de [[néo-impressionnisme]]<ref name="Seurat à Paul Klee p 2">[http://www.musee-orsay.fr/fr/evenements/expositions/archives/presentation-detaillee/browse/7/article/le-neo-impressionnisme-de-seurat-a-paul-klee-4223.html?tx_ttnews%5BbackPid%5D=258 « Le néo-impressionnisme, de Seurat à Paul Klee », sur musee-orsay.fr], 2006, {{p.}}2 (consulté le 16 octobre 2015).</ref>. De 1884 à 1886, Luce effectue plusieurs séjours à [[Lagny-sur-Marne]], en compagnie d'[[Émile-Gustave Cavallo-Péduzzi]] et de [[Léo Gausson]], qu'il a connus à l'atelier d'Eugène Froment. Les deux peintres le tiennent informé des recherches de Seurat, ils l'initient à sa technique<ref name="Collectif p 94"/>. C'est à Lagny-sur-Marne, en 1885, que Luce commence à produire selon la technique divisionniste<ref name="Salez Annonciade">Nicole Salez, [http://www.toutpourlesfemmes.com/archive/annonciade-saint-tropez-maximilien-luce « Annonciade à Saint-Tropez : Maximilien Luce », sur toutpourlesfemmes.com], 26 septembre 2008 (consulté le 15 octobre 2015).</ref>. | ||
Au printemps 1887, les œuvres des néo-impressionnistes sont réunies pour la première fois au Salon des indépendants<ref>Colin Wiggins, {{opcit}}, {{p.}}14.</ref>. Luce y expose sept toiles divisionnistes<ref name="Salez bio">Nicole Salez, [http://www.toutpourlesfemmes.com/archive/maximilien-luce « Maximilien Luce », sur toutpourlesfemmes.com], 26 septembre 2008 (consulté le 15 octobre 2015).</ref>. Il y fait la connaissance de Georges Seurat, du critique Félix Fénéon et de peintres admirateurs de Seurat, les anarchistes [[Camille Pissaro]] et [[Paul Signac]]. Ce dernier lui achète ''La Toilette''<ref name="Lecomte p 117">Vanessa Lecomte, {{opcit}}, {{p.}}117.</ref>. Les œuvres de Luce sont à cette époque de couleurs sombres, d'une {{citation|[[Touche (peinture)|touche]] serrée<ref name="Salez Annonciade"/>}}. Ce sont bien souvent des paysages de banlieue<ref name="Salez Annonciade"/>. | |||
=== Le militant libertaire === | |||
Luce est aussi un [[libertaire|militant libertaire]]<ref>[[Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français]], « Le Maitron » : [http://maitron-en-ligne.univ-paris1.fr/spip.php?article24489 notice biographique].</ref>. Le {{date|24|décembre|1887}}, son premier dessin politique paraît dans ''La Vie moderne''<ref name="Lecomte p 117"/>. Le {{date|22|mai|1888}}, il monte à la tribune lors d'une réunion publique du Comité révolutionnaire des Quatre Chemins. Il incite des ouvriers en grève à la violence, {{citation|seul moyen pour eux d'avoir gain de cause<ref name="Lecomte p 117"/>}}. Le {{date|24|février|1889}}, [[Émile Pouget]] lance l'hebdomadaire anarchiste ''[[Le Père Peinard ]]''. Luce dessine le bandeau de première page. Il est également l'auteur de la plupart des dessins qui paraissent à partir de mai 1890<ref>[http://les.nuits.rouges.free.fr/spip.php?article18 « Le Père Peinard. Un journal « espatrouillant », sur les.nuits.rouges.free.fr] (consulté le 15 octobre 2015).</ref>. | |||
En [[février]]-[[mars (mois)|mars]] [[1889]], il est invité à exposer au [[Salon des XX|Salon {{nobr|des XX}}]], à [[Bruxelles]]. En [[1891]], il entame une liaison avec Ophélie Bresdin. En [[1892]], il retourne au Salon {{nobr|des XX}}. Cette année-là, il vit très mal le départ d'Ophélie. Pour lui changer les idées, Camille Pissaro l'entraîne à [[Londres]]. Puis, Paul Signac l'accueille à [[Saint-Tropez]]<ref>Marina Ferretti Bocquillon, {{opcit}}, {{p.}}11.</ref>. À la fin de l'année, Luce participe à l'Exposition des peintres néo-impressionnistes. C'est, autour d'œuvres de Seurat, la première manifestation du groupe néo-impressionniste {{citation|en tant que mouvement uni<ref name="Salez bio"/>}}. | |||
En [[1893]], il rencontre Ambroisine Bouin, qui devient sa compagne. L'année suivante, le couple a un fils, Frédéric, qui meurt en 1895 des suites d'une insolation<ref>Vanessa Lecomte, {{opcit}}, {{p.}}119 et 120.</ref>. Un second fils, prénommé lui aussi Frédéric, naît le {{Date|19|juillet|1896}}<ref>Vanessa Lecomte, {{opcit}}, {{p.}}121.</ref>. | |||
Issu du monde ouvrier du quartier de [[Quartier du Montparnasse|Montparnasse]], Maximilien Luce avait assisté à la répression de [[Commune de Paris (1871)|la Commune]] et cette terrible vision conditionna son engagement politique. Considéré comme « dangereux » par la police, surtout à cause de sa participation au journal ''[[Le Père Peinard]]'' et à la suite de l'assassinat de [[Sadi Carnot (président)|Sadi Carnot]] le {{Date|24|juin|1894}} par [[Sante Geronimo Caserio|Casério]], il est arrêté le [[6 juillet]] puis incarcéré à la [[prison Mazas]], d’où il sort au mois d’[[août]] suivant. Il profite toutefois de cet épisode pour produire de nombreuses illustrations sur la vie carcérale, qui seront réunies dans un album intitulé ''Mazas''. | Issu du monde ouvrier du quartier de [[Quartier du Montparnasse|Montparnasse]], Maximilien Luce avait assisté à la répression de [[Commune de Paris (1871)|la Commune]] et cette terrible vision conditionna son engagement politique. Considéré comme « dangereux » par la police, surtout à cause de sa participation au journal ''[[Le Père Peinard]]'' et à la suite de l'assassinat de [[Sadi Carnot (président)|Sadi Carnot]] le {{Date|24|juin|1894}} par [[Sante Geronimo Caserio|Casério]], il est arrêté le [[6 juillet]] puis incarcéré à la [[prison Mazas]], d’où il sort au mois d’[[août]] suivant. Il profite toutefois de cet épisode pour produire de nombreuses illustrations sur la vie carcérale, qui seront réunies dans un album intitulé ''Mazas''. | ||
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* ''Vue du quartier de l'observatoire'', ou ''Vue de l'observatoire'', date illisible (peut-être 1882), huile sur toile, {{unité|60 × 73|cm}}, Paris, [[musée d'Orsay]], dépôt au musée départemental d'Art ancien et contemporain d'[[Épinal]]<ref name="Ferretti p 130">Marina Ferretti Bocquillon, {{opcit}}, {{p.}}130.</ref>. | * ''Vue du quartier de l'observatoire'', ou ''Vue de l'observatoire'', date illisible (peut-être 1882), huile sur toile, {{unité|60 × 73|cm}}, Paris, [[musée d'Orsay]], dépôt au musée départemental d'Art ancien et contemporain d'[[Épinal]]<ref name="Ferretti p 130">Marina Ferretti Bocquillon, {{opcit}}, {{p.}}130.</ref>. | ||
* ''Paysage avec saules'', 1887, huile sur toile, {{unité|50 × 61.3|cm}}, Glasgow Museums and Art Galleries<ref>Colin Wiggins, | * ''Paysage avec saules'', 1887, huile sur toile, {{unité|50 × 61.3|cm}}, Glasgow Museums and Art Galleries<ref>Colin Wiggins, {{opcit}}, {{p.}}15, 63.</ref>. | ||
* ''La Toilette'', 1887, huile sur toile, {{unité|92 × 73|cm}}, Genève, Association des amis du Petit Palais<ref name="Ferretti p 130"/>. | * ''La Toilette'', 1887, huile sur toile, {{unité|92 × 73|cm}}, Genève, Association des amis du Petit Palais<ref name="Ferretti p 130"/>. | ||
* ''Quai de l'École, Paris le soir'', 1889, huile sur toile, {{unité|50.9 × 70|cm}}, coll. particulière<ref>{{en}} [https://www.ngv.vic.gov.au/radiance/themes/neo-impressionism-and-the-city/quai-de-l-ecole-paris-evening.html « Neo-Impressionism & The City », sur ngv.vic.gov.au], 2012 (consulté le 13 octobre 2015).</ref>. | * ''Quai de l'École, Paris le soir'', 1889, huile sur toile, {{unité|50.9 × 70|cm}}, coll. particulière<ref>{{en}} [https://www.ngv.vic.gov.au/radiance/themes/neo-impressionism-and-the-city/quai-de-l-ecole-paris-evening.html « Neo-Impressionism & The City », sur ngv.vic.gov.au], 2012 (consulté le 13 octobre 2015).</ref>. | ||
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* Jean Bouin-Luce et Denise Bazetoux, ''Maximilien Luce, catalogue raisonné de l'œuvre peint'', 3 tomes, Paris, Éditions JBL, 1988 {{ISBN|978-2906112003}}. | * Jean Bouin-Luce et Denise Bazetoux, ''Maximilien Luce, catalogue raisonné de l'œuvre peint'', 3 tomes, Paris, Éditions JBL, 1988 {{ISBN|978-2906112003}}. | ||
* {{ouvrage|langue=en|titre=Neo-Impressionist Painters: A Sourcebook on Georges Seurat, Camille Pissarro, Paul Signac, Theo Van Rysselberghe, Henri Edmond Cross, Charles Angrand, Maximilien Luce, and Albert Dubois-Pillet|prénom1= Russell T.|nom1= Clement|prénom2=Annick|nom2= Houze|éditeur=Greenwood Press|année=1999|passage=323-357}}. | * {{ouvrage|langue=en|titre=Neo-Impressionist Painters: A Sourcebook on Georges Seurat, Camille Pissarro, Paul Signac, Theo Van Rysselberghe, Henri Edmond Cross, Charles Angrand, Maximilien Luce, and Albert Dubois-Pillet|prénom1= Russell T.|nom1= Clement|prénom2=Annick|nom2= Houze|éditeur=Greenwood Press|année=1999|passage=323-357}}. | ||
* {{ouvrage|prénom1= | * {{ouvrage|prénom1=|nom1=Collectif|titre=Maximilien Luce : peindre la condition humaine|éditeur=Somogy|lieu=Paris|année=2000|isbn=9782850564017|présentation en ligne=http://www.cira.ch/catalogue/index.php?lvl=notice_display&id=15053}}. | ||
* {{ouvrage|titre=L'art social à la Belle Époque : Aristide Delannoy, Jules Grandjouan, Maximilien Luce : trois artistes engagés|éditeur=Adiamos|année=2005|isbn=2-909418-26-X|présentation en ligne=http://hdl.handle.net/10622/11F74F1D-B4CA-47B1-A90C-91B36F4A725F}}. | * {{ouvrage|titre=L'art social à la Belle Époque : Aristide Delannoy, Jules Grandjouan, Maximilien Luce : trois artistes engagés|éditeur=Adiamos|année=2005|isbn=2-909418-26-X|présentation en ligne=http://hdl.handle.net/10622/11F74F1D-B4CA-47B1-A90C-91B36F4A725F}}. | ||
* Marina Ferretti Bocquillon (dir.), ''Maximilien Luce néo-impressionniste'', [[Giverny]], [[Musée des impressionnismes Giverny]], [[Milan]], [[Silvana Editoriale]], 2010. | * Marina Ferretti Bocquillon (dir.), ''Maximilien Luce néo-impressionniste'', [[Giverny]], [[Musée des impressionnismes Giverny]], [[Milan]], [[Silvana Editoriale]], 2010. | ||
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Maximilien Luce, né le et mort le à Paris, est un peintre, graveur et militant libertaire français.
Ses premiers tableaux connus datent de 1876. À partir de 1885, et durant une quinzaine d'années, il s'inscrit dans le néo-impressionnisme : il use de la technique du divisionnisme (ou pointillisme), développée par Georges Seurat. Il revient par la suite à une facture plus classique, mais qui garde l'harmonie et la luminosité de sa première période. Il est également portraitiste et affichiste.
Biographie
Jeunesse et formation
Il naît à Paris le 13 mars 1858 de Charles Désiré Luce, comptable, et de Louise Joséphine, née Dunas. En 1870, il obtient son certificat d'études. Durant la Commune, il suit les cours de dessin des Arts décoratifs. En mai 1871, il a 13 ans quand il assiste à la répression contre les communards[1]. Il va rester marqué toute sa vie par ces événements[2]. En 1872, il entre en apprentissage dans l'atelier de gravure sur bois d'Henri Théophile Hildibrand, et il suit des cours du soir dans l'école de dessin et de modelage de la rue de Vaugirard. Il est admis aux cours de dessin que le peintre Diogène Maillart donne aux ouvriers des Gobelins[1]. En 1876, il devient ouvrier graveur dans l'atelier d'Eugène Froment, qui produit notamment des gravures sur bois pour L'Illustration. Luce fréquente l'académie Suisse. Il étudie d'après modèle deux années durant dans le célèbre atelier de Carolus-Duran. Il exécute son premier tableau connu, Jardin à Montrouge, ou Le Jardin au Grand Montrouge[1].
Les quatre années de service militaire
Le , il est incorporé au 48e régiment d'infanterie de ligne, à Guingamp, au titre du service militaire. Il y fait la connaissance du peintre Franck Antoine Bail, du futur président Alexandre Millerand et de Frédéric Givort, un ouvrier cordonnier anarchiste. En 1881, sur intervention de Carolus-Duran, Luce est mis en subsistance[3] au détachement du 48e RIL, à Paris[1]. Il peut ainsi fréquenter à nouveau l'atelier de Carolus-Duran, et retourner travailler chez Eugène Froment. Par l'intermédiaire du peintre Charles Baillet, ami d'enfance de Frédéric Givort, il intègre le groupe anarchiste du 14e arrondissement. En septembre 1883, il est libéré de ses obligations militaires[1]. L'invention de la zincographie ayant sensiblement réduit les débouchés de la gravure sur bois, Luce devient peintre à plein temps[4].
Rencontre avec le néo-impressionnisme
Les années 1884 à 1886 marquent un tournant important dans l'histoire de la peinture. En 1884, des artistes souhaitant exposer librement et s'affranchir de l'influence de tout jury créent le Salon des indépendants[5]. L'un d'eux, Georges Seurat, s'inspirant de travaux scientifiques, renonce à la trituration des couleurs sur la palette, qui fait perdre de la luminosité. Il procède par juxtaposition de points de couleurs complémentaires. Il compose ainsi une lumière que l'œil du spectateur va synthétiser[6]. Georges Seurat parle à ce propos de chromo-luminarisme ou de divisionnisme[7] (tandis que des critiques parlent de pointillisme[8]). Cette démarche scientifique rompt avec la spontanéité « romantique » de l'impressionnisme[9]. Le premier grand tableau de Seurat appliquant sa théorie, Un dimanche après-midi à l'île de la Grande-Jatte, fait sensation en mai 1886, à la huitième et dernière exposition impressionniste. En septembre, le critique Félix Fénéon, donne au divisionnisme le nom de néo-impressionnisme[10]. De 1884 à 1886, Luce effectue plusieurs séjours à Lagny-sur-Marne, en compagnie d'Émile-Gustave Cavallo-Péduzzi et de Léo Gausson, qu'il a connus à l'atelier d'Eugène Froment. Les deux peintres le tiennent informé des recherches de Seurat, ils l'initient à sa technique[2]. C'est à Lagny-sur-Marne, en 1885, que Luce commence à produire selon la technique divisionniste[11].
Au printemps 1887, les œuvres des néo-impressionnistes sont réunies pour la première fois au Salon des indépendants[12]. Luce y expose sept toiles divisionnistes[13]. Il y fait la connaissance de Georges Seurat, du critique Félix Fénéon et de peintres admirateurs de Seurat, les anarchistes Camille Pissaro et Paul Signac. Ce dernier lui achète La Toilette[14]. Les œuvres de Luce sont à cette époque de couleurs sombres, d'une « touche serrée[11] ». Ce sont bien souvent des paysages de banlieue[11].
Le militant libertaire
Luce est aussi un militant libertaire[15]. Le , son premier dessin politique paraît dans La Vie moderne[14]. Le , il monte à la tribune lors d'une réunion publique du Comité révolutionnaire des Quatre Chemins. Il incite des ouvriers en grève à la violence, « seul moyen pour eux d'avoir gain de cause[14] ». Le , Émile Pouget lance l'hebdomadaire anarchiste Le Père Peinard . Luce dessine le bandeau de première page. Il est également l'auteur de la plupart des dessins qui paraissent à partir de mai 1890[16].
En février-mars 1889, il est invité à exposer au Salon des XX, à Bruxelles. En 1891, il entame une liaison avec Ophélie Bresdin. En 1892, il retourne au Salon des XX. Cette année-là, il vit très mal le départ d'Ophélie. Pour lui changer les idées, Camille Pissaro l'entraîne à Londres. Puis, Paul Signac l'accueille à Saint-Tropez[17]. À la fin de l'année, Luce participe à l'Exposition des peintres néo-impressionnistes. C'est, autour d'œuvres de Seurat, la première manifestation du groupe néo-impressionniste « en tant que mouvement uni[13] ».
En 1893, il rencontre Ambroisine Bouin, qui devient sa compagne. L'année suivante, le couple a un fils, Frédéric, qui meurt en 1895 des suites d'une insolation[18]. Un second fils, prénommé lui aussi Frédéric, naît le [19].
Issu du monde ouvrier du quartier de Montparnasse, Maximilien Luce avait assisté à la répression de la Commune et cette terrible vision conditionna son engagement politique. Considéré comme « dangereux » par la police, surtout à cause de sa participation au journal Le Père Peinard et à la suite de l'assassinat de Sadi Carnot le par Casério, il est arrêté le 6 juillet puis incarcéré à la prison Mazas, d’où il sort au mois d’août suivant. Il profite toutefois de cet épisode pour produire de nombreuses illustrations sur la vie carcérale, qui seront réunies dans un album intitulé Mazas.
En 1917, il découvre Rolleboise, sur les bords de la Seine. Il s'y installe, et se partage désormais entre ce lieu et Paris[20].
C'est en 1934 qu'il est élu président de la Société des artistes indépendants, titre qui consacre sa carrière longue et variée tant par ses techniques que dans ses œuvres.
Il épouse sa compagne Ambroisine Bouin le . Elle meurt à Rolleboise le 7 juin. Maximilien meurt à Paris le [21]. Ils sont tous deux inhumés au cimetière de Rolleboise[22].
Son œuvre
Plusieurs influences ont marqué ses tableaux. Issu du monde ouvrier, en rapport avec ses idées, il devient un paysagiste croquant les scènes des villes industrielles et les hommes au travail dont il exalte l'effort.
Son ami Félix Fénéon le présente en 1887 comme « un brutal et un loyal au talent fruste et musculeux »[23]. En 1888, il décrit son travail comme celui d'un néo-impressionniste, qui « se rattache au système de M. Seurat de peindre avec des tons francs, posés les uns à côté des autres, légitimés par leurs complémentaires et produisant d'intenses vibrations lumineuses [...] L'art de M. Luce s'attache à peindre avec une large sérénité de facture et des lignes simples, les prolétaires en leurs occupations de travail »[23]. L'année suivante, Fénéon relève un changement dans les coloris du peintre : « les terres, ces vieilles terres, se retrouvent sur la palette de M. Maximilien Luce, et on leur imputera l'aspect érugineux, — malgré les violets, — et lourd de ses tableaux ». Il ajoute : « M. Luce est, comme était Vallès, un artiste strictement classique : tout le montre tel dans ses paysages peints, et dans l'album de lithographies qu'il publiait récemment »[23].
De 1890 à 1914, Luce collabore par ses dessins et ses illustrations, à des publications d'inspirations anarchistes, comme Le Père Peinard ou La Sociale. Il disait :
- « Qu'il vienne donc une révolution. J'espère, si je ne suis pas un lâche, que j'en serais, et ma foi, je crois que j'aurais du bonheur à me faire casser la gueule pour cette idée à laquelle je crois. »
Jules Chéret choisit de reproduire À la Scala, gravée et imprimée chez Bataille à Paris en 1891, dans sa revue Les Maîtres de l'affiche (1895-1900).
Il est frappé par la découverte des nouvelles couleurs de la Révolution industrielle en particulier celles du Sillon Sambre-et-Meuse qu'il découvre en 1895, alors qu'il est reçu à Bruxelles par Émile Verhaeren. Il se rend à cette occasion à Charleroi, en compagnie de Théo van Rysselberghe, et il est fasciné par les couleurs du Borinage.
À l'instar de Camille Pissarro, Luce est un anarchiste actif et peint plusieurs scènes ouvrières, dont La Bataille Syndicale en 1910. Durant la Grande Guerre, il peint des scènes de combat, peinture militante hostile aux horreurs de la guerre, comme La Gare de l'Est (1917).
À la fin de sa vie, il retrouve une technique plus classique et une influence moins engagée, comme dans son tableau Rolleboise, la baignade dans le petit bras (1920).
Salons
En plus des salons auxquels il participe avec d'autres peintres, à Paris comme à Bruxelles, il a eu en octobre-novembre 1899 sa première exposition personnelle à la galerie Durand-Ruel, suivie en 1904 d'une autre à la galerie Druet, puis, en 1907, à la galerie Bernheim-Jeune et en 1914, à la galerie Choisel. En 1926, il participe à l'exposition « 30 ans d'art » au Grand Palais.
Ses œuvres se trouvent actuellement, outre les collections privées, dans les principaux musées mondiaux, notamment le Metropolitan Museum of Art de New York et le Musée d'Orsay. Le musée de l'Hôtel Dieu de Mantes-la-Jolie conserve un très bel ensemble de ses œuvres peintes et sur papier. D'autres musées français abritent ses toiles, dont le musée Lambinet de Versailles, le musée de Grenoble, le musée de l'Annonciade de Saint-Tropez et le musée Albert-André de Bagnols-sur-Cèze. Divers musées à l'étranger, notamment aux États-Unis, possèdent aussi des tableaux et des affiches, notamment le Indianapolis Museum of Art, le High Museum of Art d'Atlanta et le Musée d'art de San Diego.
Illustrateur libertaire
Maximilien Luce était qualifié par ses amis d'« homme libre, digne, qui ne consentait aucune concession à la mode, intransigeant avec lui-même et avec les autres ». Il ressemblait à un ouvrier du faubourg Saint-Antoine[réf. nécessaire], fuyait les salons et fréquentait les restaurants populaires en lisant La Révolte, un journal anarchiste.
Suite aux attentats de Ravachol et d'Auguste Vaillant, le 8 juillet 1894, il est considéré comme un « anarchiste dangereux », ses dessins sont jugés comme pouvant « inciter le peuple à la révolte » (voir Procès des Trente). Incarcéré à la prison de Mazas pendant 42 jours par le juge d'instruction Anquetil pour « association de malfaiteurs », il n'est finalement pas inculpé et publie à sa sortie 10 lithographies sur la prison de Mazas. Deux ans plus tard, il est de nouveau emprisonné durant la visite d'Alphonse XIII à Paris.
En 1887, il se lie d'amitié avec le journaliste Jean Grave qui avait créé La Révolte[24]. Deux ans plus tard, il dessine la couverture du nouveau journal libertaire, Le Père Peinard fondé par Émile Pouget. Il donne aussi des œuvres à d'autres revues anarchiste et socialistes[25] et collabore à L’En-dehors créé par Zo d'Axa en 1891. En 1907, il collabore à la revue La Guerre sociale créée par Gustave Hervé[26].
Durant les années 1930, il fait partie du comité d’honneur de la Ligue internationale des combattants de la paix, association la plus radicale des organisations pacifistes, n'ayant qu’un mot d’ordre : « Non à toutes les guerres ! ».
En 1935, président de la Société des artistes indépendants, il signe une pétition antifasciste et démissionne de son poste en 1940 pour protester contre la politique de discrimination de Vichy à l’égard des artistes juifs[27].
Œuvre
(liste non exhaustive)
Dessins, aquarelles
- s. d. - Champ de Bataille ; dessin, encre, lavis d'encre et fusain sur papier; Sbd; Dim; H30cm X L: 48 cm [28].
- s. d. - Gueules noires , Maximilien Luce d'après l'œuvre de Constantin Meunier, 10 planches, La Sociale, Paris, 1896[29].
- s. d. - La Place de la Concorde en travaux , Crayon sur papier crème, Sbd, dim; h: 32,7 cm x l: 44 cm, ( vente publique en France)
Peintures
- Vue du quartier de l'observatoire, ou Vue de l'observatoire, date illisible (peut-être 1882), huile sur toile, 60 × 73 cm, Paris, musée d'Orsay, dépôt au musée départemental d'Art ancien et contemporain d'Épinal[30].
- Paysage avec saules, 1887, huile sur toile, 50 × 61,3 cm, Glasgow Museums and Art Galleries[31].
- La Toilette, 1887, huile sur toile, 92 × 73 cm, Genève, Association des amis du Petit Palais[30].
- Quai de l'École, Paris le soir, 1889, huile sur toile, 50,9 × 70 cm, coll. particulière[32].
- Bords de Seine à Herblay, coucher de soleil, vers 1889, huile sur toile, 50 × 65 cm, coll. particulière[30].
- La Seine à Herblay, 1890, huile sur toile, 50,3 × 79,3 cm, Paris, musée d'Orsay [33].
- Coude de rivière (La Seine à Herblay), 1890, huile sur carton contrecollé sur panneau, 27 × 37,5 cm, coll. particulière[30].
- Le Louvre et le pont du Carrousel, effet de nuit, 1890, huile sur toile, 65 × 81 cm, coll. particulière[34].
- Le Seuil, rue Cortot, vers 1890, huile sur bois, 26,5 × 20,4 cm, coll. particulière[30].
- Portrait de Paul Signac, vers 1890, huile sur bois, 35 × 26 cm, coll. particulière[30].
- Le Café, 1892, huile sur toile, 81 × 65,2 cm, coll. particulière[30].
- Côte de la citadelle, 1892, huile sur toile, 53,7 × 64,7 cm, Saint-Tropez, musée de l'Annonciade[35].
- Le Louvre et le Pont-Neuf la nuit, vers 1892, huile et gouache sur papier en forme d'éventail, 20 × 57 cm, Paris, musée d'Orsay[36].
- Le Port de Saint Tropez, 1893, huile sur toile, 73,7 × 91,4 cm, coll. particulière[37].
- Paris, vue de la Seine, la nuit, 1893, huile sur toile, 38 × 55 cm, Versailles, musée Lambinet[30].
- Paris, les boulevards la nuit, vers 1893, huile sur papier marouflé sur toile, 45,1 × 33,2 cm[38].
- Vue de Londres (Canon Street), 1893, huile sur toile, 65 × 81 cm, coll. particulière[37].
- Bord de mer (La Pointe du Toulinguet), 1893, huile sur toile, 65 × 92 cm, Genève, Association des amis du Petit Palais[37].
- Quai à Camaret, Finistère, 1894, huile sur toile, 89 × 116,8 cm, Springfield (Massachusetts), Museum of Fine Arts[37].
- La Tamise et le parlement de Londres, 1895, huile sur toile, 49,5 × 65,5 cm, coll. particulière[37].
- L'Aciérie, 1895, huile sur toile, 116 × 89 cm, Genève, Association des amis du Petit Palais[39].
- Fonderie à Charleroi, la coulée, 1896, huile sur toile, 130 × 162 cm, Mantes-la-Jolie, musée de l'Hôtel-Dieu[39].
- Hauts Fourneaux à Charleroi, 1896, huile sur toile, 65 × 81 cm, Charleroi, musée des beaux-arts[39].
- Percement de la rue Réaumur, 1896, huile sur toile, 73,2 × 100 cm, coll. particulière[37].
- Paysage de Paris vu de Montmartre, 1897, huile sur toile, 46 × 65 cm, Otterlo, musée Kröller-Müller[37].
- Usine près de Charleroi, vers 1897, huile sur toile marouflée sur carton, 37 × 48,5 cm, Paris, galerie Berès[40].
- Les Terrils de Sacré Madame, 1897, huile sur toile, 54 × 81 cm, Paris, Petit Palais, musée des beaux-arts de la ville de Paris[39].
- Henri-Edmond Cross, 1898, huile sur toile, 100 × 81 cm, Paris, musée d'Orsay[39].
- Portrait d'Henri-Edmond Cross, vers 1898, huile sur toile, 23,5 × 27 cm, coll. particulière[41].
- La Cathédrale de Gisors vue du Fossé aux Tanneurs, 1898, huile sur toile, 92 × 73 cm, coll. particulière[37].
- Notre-Dame, 1899, huile sur toile, 47,5 × 39,5 cm, coll. particulière[39].
- La Fonderie, 1899, huile sur toile, 114,5 × 162,5 cm, Otterlo, musée Kröller-Müller[39].
- La Carrière, 1899, huile sur panneau une planche parqueté, 24 × 32,5 cm[42].
- Madame Bouin à sa toilette, ou La Femme se peignant, 1901, huile sur toile, 92 × 73 cm, Mantes-la-Jolie, musée de l'Hôtel-Dieu[39].
- Le Quai de Montebello et la colline Sainte-Geneviève, 1901, huile sur toile, 66 × 80,7 cm, coll. particulière[39].
- Une rue de Paris en mai 1871 ou La Commune, 1903-1905, huile sur toile, 150 × 225,5 cm, Paris, musée d'Orsay[43].
- La Neige au quai de Boulogne, 1905, huile sur toile, 38,5 × 46 cm, Paris, musée d'Orsay[44].
- Yonne, peupliers au bord de la Cure, 1906, huile sur toile, 81 × 60 cm[45].
- Constructions - Quai de Pacy, 1907, huile sur toile, 100 × 82 cm, Mantes-la-Jolie, musée de l'Hôtel-Dieu[40].
- Rotterdam, effet de nuit (La Schie), 1908, huile sur toile, 65 × 81 cm, coll. particulière[39].
- Le Drapeau rouge ou La Bataille syndicaliste, 1910, huile sur toile, 65 × 50 cm, coll. particulière[40].
- Le Chantier ou Chantier de construction, 1911, huile sur toile, 73 × 60 cm, Paris, musée d'Orsay, dépôt au musée d'art et d'histoire de Saint-Denis[40].
- Chantier de construction, 1912, huile sur toile, 60 × 81 cm, Centre national des arts plastiques, dépôt au musée des beaux-arts de Rouen[40].
- La Gare de l'Est, 1917, huile sur toile, 129,5 × 161,5 cm, Paris, musée de l'Armée[46].
- La Gare de l'Est en hiver, 1917, huile sur panneau, 58 × 61 cm, coll. particulière[46].
- Rolleboise, la baignade dans le petit bras, vers 1920, huile sur toile, 135 × 147 cm, Mantes-la-Jolie, musée de l'Hôtel-Dieu[46].
Affiches
- À la Scala, affiche pour les représentations de Jules Mévisto à la Scala, 1891.
- Les Temps nouveaux supplément littéraire, 1897.
- La Bataille syndicaliste quotidien 5 cent., 1910.
- Le Cinéma du peuple. La Commune, 1913-14.
- Ça c'est la guerre - CGT, 1932.
Expositions
- Galerie Bernheim-Jeune, du 13 au 28 février 1907 : Yonne, peupliers au bord de la Cure
- Posthumes
- « Maximilien Luce, peintre anarchiste », à l'occasion du 100e anniversaire du premier voyage du peintre à Charleroi, musée des sciences de Parentville (Charleroi), ULB, 1995[47].
- « Chantiers et machines au regard des peintres : Maximilien Luce et Fernand Léger - Des artistes à l'usine », musée d'art moderne (Donation Maurice Jardot), Belfort, 2009[48].
Galerie
-
Chambre de l'artiste, rue Lavin, 1878,
collection particulière -
Homme à sa toilette, 1887, Petit Palais, Paris
-
-
Madame Luce au balcon, 1893,
collection particulière -
-
Scène de rue à Paris, 1896,
collection particulière -
Terril de charbonnage, 1896
Musée d'Ixelles -
Notre-Dame de Paris, 1900,
collection particulière -
-
-
Paysage près de Méréville, vers 1905,
collection particulière
Élèves
- Suzanne Lambert-Frémont (1876-1962)
- Frédéric Luce (1896-1974 ou 1975), artiste peintre fils de Maximilien, reçut très tôt les conseils paternels ainsi que ceux d'amis comme Pierre Bonnard[49].
Écrits
- Correspondance de Fanny et Félix Fénéon avec Maximilien Luce, ill. par Luce de portraits originaux, édition établie par Maurice Imbert, Tusson, Du Lérot, 2001.
Bibliographie
Monographies :
- Adolphe Tabarant, Maximilien Luce, Paris, Éditions G. Crès, 1928.
- Philippe Cazeau, Maximilien Luce, La Bibliothèque des Arts, 1982.
- Jean Bouin-Luce et Denise Bazetoux, Maximilien Luce, catalogue raisonné de l'œuvre peint, 3 tomes, Paris, Éditions JBL, 1988 (ISBN 978-2906112003[à vérifier : ISBN invalide]).
- (en) Russell T. Clement et Annick Houze, Neo-Impressionist Painters: A Sourcebook on Georges Seurat, Camille Pissarro, Paul Signac, Theo Van Rysselberghe, Henri Edmond Cross, Charles Angrand, Maximilien Luce, and Albert Dubois-Pillet, Greenwood Press, , p. 323-357.
- Collectif, Maximilien Luce : peindre la condition humaine, Paris, Somogy, (ISBN 9782850564017, présentation en ligne).
- L'art social à la Belle Époque : Aristide Delannoy, Jules Grandjouan, Maximilien Luce : trois artistes engagés, Adiamos, (ISBN 2-909418-26-X, présentation en ligne).
- Marina Ferretti Bocquillon (dir.), Maximilien Luce néo-impressionniste, Giverny, Musée des impressionnismes Giverny, Milan, Silvana Editoriale, 2010.
- Jeanne-Marie David (dir.), Maximilien Luce : en amitiés, portrait croisés, Point de vues, , 44 p. (ISBN 978-2-37195-006-1)
Articles :
- Ephraïm Jouy, Maximilien Luce, les Chroniques de la Grande Guerre, peindre l'Histoire, notice pour le Catalogue de l'exposition 1917, Éditions du Centre Pompidou Metz, 2012.
- Ephraïm Jouy, Maximilien Luce in 78 Personnalités illustrent les Yvelines, Tome II, Éditions du Conseil Général des Yvelines, 2013.
- Ephraïm Jouy, Maximilien Luce ou les inspirations séquanaises, in Sous les Ponts des Yvelines coule la Seine, Catalogue d'exposition, Silvana Editoriale, Milan, 2013.
Notices
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- Notice biographique dans l'Encyclopædia Universalis.
- Dictionnaire des anarchistes, « Le Maitron » : notice biographique.
- RA.forum : notice bibliographique.
- (en) The Daily Bleed : notice biographique.
Références
Liens externes
- Œuvres de Luce sur le site de l'Institut international d'histoire sociale (Amsterdam).
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- ↑ 1,0 1,1 1,2 1,3 et 1,4 Vanessa Lecomte, « Chronologie », in Marina Ferretti Bocquillon (dir.), Maximilien Luce néo-impressionniste, Giverny, Musée des impressionnismes Giverny, Milan, Silvana Editoriale, 2010, p. 116.
- ↑ 2,0 et 2,1 Collectif, « Biographie », Maximilien Luce : peindre la condition humaine, Paris, Somogy, 2000, p. 94.
- ↑ Être mis en subsistance signifie dépendre d'une autre unité que la sienne pour ce qui concerne la nourriture et la solde. « ARM. En subsistance », sur cnrtl.fr, 2012 (consulté le 15 octobre 2015).
- ↑ « Luce Maximilien, peintre français », Dictionnaire de la peinture, Larousse, 2003, p. 477.
- ↑ « Salon des Indépendants (le) », sur grandpalais.fr, 29 janvier 2013 (consulté le 16 octobre 2015).
- ↑ Colin Wiggins, Après l'impressionnisme, coll. « Des défis et des manifestes », Paris, Gallimard, 1994, p. 8.
- ↑ « Le divisionnisme a fait passer la peinture de la chimie à l’optique », sur letemps.ch, 17 janvier 2014 (consulté le 16 octobre 2015).
- ↑ « L'œuvre peint de Seurat », sur larousse.fr (consulté le 16 octobre 2015).
- ↑ Colin Wiggins, op. cit., p. 9.
- ↑ « Le néo-impressionnisme, de Seurat à Paul Klee », sur musee-orsay.fr, 2006, p. 2 (consulté le 16 octobre 2015).
- ↑ 11,0 11,1 et 11,2 Nicole Salez, « Annonciade à Saint-Tropez : Maximilien Luce », sur toutpourlesfemmes.com, 26 septembre 2008 (consulté le 15 octobre 2015).
- ↑ Colin Wiggins, op. cit., p. 14.
- ↑ 13,0 et 13,1 Nicole Salez, « Maximilien Luce », sur toutpourlesfemmes.com, 26 septembre 2008 (consulté le 15 octobre 2015).
- ↑ 14,0 14,1 et 14,2 Vanessa Lecomte, op. cit., p. 117.
- ↑ Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, « Le Maitron » : notice biographique.
- ↑ « Le Père Peinard. Un journal « espatrouillant », sur les.nuits.rouges.free.fr (consulté le 15 octobre 2015).
- ↑ Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 11.
- ↑ Vanessa Lecomte, op. cit., p. 119 et 120.
- ↑ Vanessa Lecomte, op. cit., p. 121.
- ↑ Vanessa Lecomte, op. cit., p. 125.
- ↑ Vanessa Lecomte, op. cit., p. 127.
- ↑ « Mantes-la-Jolie : La figure et le mouvement dans l'œuvre de Maximilien Luce », sur artcotedazur.fr, 2011 (consulté le 13 octobre 2015).
- ↑ 23,0 23,1 et 23,2 Félix Fénéon, Oeuvres plus que complètes, Droz, , p. 68, 114, 166
- ↑ L'Éphéméride anarchiste : notice.
- ↑ Catalogue général des éditions et collections anarchistes francophones (Cgécaf) : bibliographie d'illustrations.
- ↑ Jean Sutter, Luce - Les travaux et les jours, Bibliothèque des arts de Paris,
- ↑ RA.forum, notice biographique illustrée.
- ↑ Vente Tajan, Paris le 12 février 2009, lot n°17
- ↑ Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : notice.
- ↑ 30,0 30,1 30,2 30,3 30,4 30,5 30,6 et 30,7 Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 130.
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- ↑ (en) « Neo-Impressionism & The City », sur ngv.vic.gov.au, 2012 (consulté le 13 octobre 2015).
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- ↑ 37,0 37,1 37,2 37,3 37,4 37,5 37,6 et 37,7 Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 131.
- ↑ (en) « Paris, les boulevards la nuit (circa 1893) », sur mutualart.com, 2015 (consulté le 13 octobre 2015).
- ↑ 39,00 39,01 39,02 39,03 39,04 39,05 39,06 39,07 39,08 et 39,09 Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 132.
- ↑ 40,0 40,1 40,2 40,3 et 40,4 Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 133.
- ↑ Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 131 et 132.
- ↑ (en) « La Carrière (1899) », sur mutualart.com, 2015 (consulté le 13 octobre 2015). — Vente Millon, 21 novembre 2011, lot 64, p. 44 du catalogue de vente. « Art moderne 1880-1960 », sur millon-associes.com (consulté le 13 octobre 2015).
- ↑ « Une rue de Paris en mai 1871 », sur musee-orsay.fr, 2006 (consulté le 14 octobre 2015).
- ↑ « La Neige au quai de Boulogne », sur musee-orsay.fr, 2006 (consulté le 14 octobre 2015).
- ↑ Vente publique le 13 octobre 2011, lot no 235, par Artcurial, Briest, Poulain et F. Tajan, Paris, hôtel Marcel-Dassault. (en) « Modern Art », sur invaluable.co.uk, 2015 (consulté le 14 octobre 2015).
- ↑ 46,0 46,1 et 46,2 Marina Ferretti Bocquillon, op. cit., p. 134.
- ↑ Centre international de recherches sur l'anarchisme (Lausanne) : l'affiche de l'exposition.
- ↑ Le franc-parler Comtois, annonce.
- ↑ Emmanuel Bénézit, Dictionnaire des peintres, sculpteurs, dessinateurs et graveurs, Gründ, 1999. Luce Frédéric, tome 8, page 845.
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